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Documenter avant de perdre : les savoirs autochtones au service de la résilience climatique
2026-08-12
Documenter avant de perdre : les savoirs autochtones au service de la résilience climatique
Soutenu par le Fonds Pawanka, ce projet documente, revitalise et remet en vogue les connaissances autochtones Lega de restauration de la biodiversité, tout en appuyant 120 petits producteurs agricoles réunis en coopérative à Ngambwa, Kasaga et Kiliungu.
Il existe à Mwenga une bibliothèque sans murs : les savoirs des aînés Lega sur le climat, les sols, les semences, la forêt et les rites qui les accompagnent. Cette bibliothèque se referme à chaque disparition. Le projet mené par PIFEVA avec l'appui du Fonds Pawanka a consisté d'abord à en transcrire les pages avant qu'elles ne s'effacent — puis à en faire un outil de production.
Volet 1 : collecter, analyser, restituer
Les données historiques sur le climat, les événements culturels liés au climat, les systèmes traditionnels de prévision météorologique et les stratégies de survie ancestrales ont été collectés et capitalisés. Ils alimentent désormais directement les actions de restauration de la biodiversité et les pratiques agricoles du territoire.
Les connaissances autochtones Lega et contemporaines sur le changement climatique, ses impacts et les rôles respectifs des hommes et des femmes dans la restauration et la gestion rationnelle de la biodiversité ont été identifiées, analysées, promues et respectées. Les connaissances culturelles relatives aux initiés Lega, aux faiseurs de pluie, aux chefs spirituels traditionnels et aux historiens locaux ont fait l'objet du même travail, contribuant à la revitalisation de l'identité du peuple Lega.
Une vidéo et un fonds de photographies numériques documentant les impacts du changement climatique et les pratiques autochtones de gestion de la biodiversité ont été produits. Ces supports servent aujourd'hui les efforts de plaidoyer en faveur des populations autochtones Lega.
Volet 2 : 120 producteurs, trois groupements, une coopérative
120 petits producteurs agricoles — 60 jeunes et 60 femmes autochtones — ont été organisés en trois groupements de 40 membres à Ngambwa, Kasaga et Kiliungu, puis renforcés en capacités d'adaptation au changement climatique. Leurs techniques culturales autochtones ont été consolidées par la production de nouveaux savoirs croisant tradition et agronomie moderne.
Les bonnes pratiques adaptées au changement climatique ont été identifiées, testées et vulgarisées sur le riz, le manioc, la patate douce, la carotte, le chou, le haricot et diverses semences maraîchères locales — mbogabuchungu, lengalenga, matembela, bishusha. La production a augmenté et contribue à l'amélioration des conditions socio-économiques des familles autochtones.
Donner de la valeur aux aliments autochtones
Chenilles comestibles, champignons sauvages, pâte autochtone d'arachide (kindakinda), riz, manioc, patate douce et semences maraîchères traditionnelles ont été valorisés et vendus sur les marchés locaux et lors des foires agricoles autochtones de Ngambwa. C'est là que la boucle se referme : les savoirs documentés deviennent des pratiques, les pratiques deviennent des récoltes, et les récoltes deviennent un revenu qui rend la transmission possible.
LE PROJET EN CHIFFRES
120 petits producteurs agricoles autochtones accompagnés
60 / 60 jeunes et femmes autochtones
3 groupements de 40 membres
3 villages : Ngambwa, Kasaga, Kiliungu
1 fonds vidéo et photographique constitué pour le plaidoyer