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Arbres à chenilles comestibles : comment PIFEVA a restauré 440 hectares et créé une filière de revenus autochtone

2026-08-12

By Admin

Arbres à chenilles comestibles : comment PIFEVA a restauré 440 hectares et créé une filière de revenus autochtone

Financé par le PNUD à travers l'Accélérateur d'innovation pour l'adaptation climatique (AFCIA), avec l'appui du Fonds d'adaptation et de l'Union européenne, ce projet de 18 mois à Mwenga combine restauration de la biodiversité, sécurité alimentaire et création d'une coopérative autochtone. Une solution fondée sur la nature devenue modèle réplicable.

La République Démocratique du Congo abrite le bassin du Congo, qui concentre environ 10 % de la biodiversité mondiale. Elle perd pourtant près de 500 000 hectares de forêt par an. À Mwenga, cette perte a un visage très concret : la raréfaction des chenilles comestibles, ressource alimentaire et source de revenus des jeunes et des femmes autochtones.

L'idée : replanter les arbres qui nourrissent les chenilles

Plutôt que d'opposer conservation et subsistance, PIFEVA a fait le pari de les réconcilier. En replantant dans les forêts communautaires dégradées les essences forestières autochtones hôtes des chenilles comestibles, le projet restaure la biodiversité tout en reconstituant une ressource économique dont dépendent directement les communautés. Chaque arbre planté est à la fois un puits de carbone, un habitat et un revenu futur.

Des résultats mesurables

440 hectares de forêt ont été restaurés et 176 000 kg de plants d'arbres distribués. 330 jeunes autochtones et 330 femmes ont été engagés dans la gestion forestière durable. Un Comité local de lutte contre la déforestation a été mis en place, entraînant l'arrêt des activités de production de braise dans les forêts ciblées. Vingt-deux comités autochtones de monitoring forestier ont été établis, impliquant 66 pépiniéristes et 660 personnes autochtones.

Une coopérative, pas une simple distribution

L'innovation majeure du projet tient à sa dimension économique. Une coopérative réunissant jeunes et femmes autochtones a été créée pour pérenniser l'initiative. Grâce à des formations en gestion d'entreprise et en récolte durable, ses membres ont bâti une chaîne de valeur reliant cueilleurs, grossistes et détaillants. Les chenilles se vendent aujourd'hui environ 3 dollars le kilogramme sur les marchés locaux, avec des partenariats de distribution qui font croître la coopérative.

La répartition des revenus a été décidée collectivement : 60 % du revenu total encaissé par la coopérative sont réinvestis pour accroître le fonds de roulement et soutenir la croissance de l'activité, 10 % couvrent les frais de fonctionnement, et 30 % sont périodiquement distribués aux bénéficiaires membres, leur assurant un retour financier direct. L'initiative génère environ 13 200 dollars de revenus annuels.

Bénéfices d'adaptation et potentiel de réplication

Le projet promeut une gestion forestière durable appuyée sur les pratiques autochtones de Mwenga, améliore la résilience climatique par la séquestration du carbone et la restauration de la biodiversité, et réduit l'insécurité alimentaire puisque les chenilles issues des arbres plantés sont comestibles et hautement nutritives. Le modèle peut être répliqué dans d'autres régions, localement comme à l'international, avec les peuples autochtones dans un rôle central de sauvegarde des milieux naturels.

« Reconnaître les systèmes de savoirs autochtones comme des stratégies légitimes de protection de la biodiversité : c'est peut-être l'innovation la plus durable de ce projet. »

— PIFEVA

LE PROJET EN CHIFFRES

440 ha de forêt restaurés
176 000 kg de plants d'arbres distribués

660 jeunes et femmes autochtones engagés

22 comités autochtones de monitoring forestier

13 200 USD de revenus annuels générés

125 000 USD de financement PNUD-AFCIA sur 18 mois

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